Bail dérogatoire - modèle, clauses et pièges à éviter

6 juin 2026

Modèle de bail dérogatoire pour une courte durée, maximum 3 ans. Informations juridiques et fiscales.

Table des matières

Un local vacant, une boutique éphémère ou un projet commercial encore en phase de test ne justifient pas toujours un bail commercial de neuf ans. Je présente ici un modèle de bail dérogatoire à personnaliser, les clauses à ne pas oublier, la limite des trois ans et les précautions à prendre pour éviter qu’une location courte ne se transforme involontairement en bail commercial.

Trois ans, des clauses précises et une sortie préparée sécurisent la location

  • Durée maximale de trois ans pour l’ensemble des contrats successifs portant sur les mêmes locaux.
  • Accord écrit des parties dès l’entrée dans les lieux, avec une volonté claire d’écarter le statut des baux commerciaux.
  • Aucun droit automatique au renouvellement ni indemnité d’éviction à l’échéance normale.
  • État des lieux détaillé à l’entrée et à la sortie pour limiter les contestations.
  • Attention au maintien dans les lieux après l’échéance, qui peut entraîner la formation d’un bail commercial.

Ce que couvre réellement un bail dérogatoire

Le bail dérogatoire, aussi appelé bail de courte durée, permet au propriétaire et au locataire de louer un local destiné à une activité commerciale, artisanale ou industrielle sans appliquer immédiatement le statut protecteur des baux commerciaux. Il répond bien à un besoin temporaire, par exemple le lancement d’une activité, un commerce saisonnier ou l’occupation d’un local avant travaux.

La règle structurante est simple mais elle est souvent mal comprise. La durée totale des contrats successifs ne peut pas dépasser trois ans, à compter de l’entrée du locataire dans les lieux. On peut prévoir un seul contrat de quelques mois ou plusieurs périodes successives, mais leur cumul reste plafonné.

Le contrat doit être écrit et signé au moment de l’entrée dans les locaux. Une clause ajoutée tardivement, après plusieurs mois d’occupation, ne suffit pas toujours à écarter le statut des baux commerciaux. Dans le doute, je recommande de faire signer le document avant la remise des clés et de conserver la preuve de cette remise.

Ce régime est intéressant parce qu’il donne de la souplesse au bailleur et au locataire. En contrepartie, le locataire renonce notamment au droit au renouvellement et à l’indemnité d’éviction attachée au bail commercial. Cette renonciation doit donc correspondre à un vrai besoin de courte durée, et non servir à contourner durablement les droits du locataire.

Les clauses à inscrire dans le modèle

Un bon modèle ne se limite pas à indiquer une adresse et un montant de loyer. Il doit décrire précisément les parties, les locaux, l’activité autorisée, la période d’occupation et la manière dont les lieux seront restitués. Les formulations vagues sont la principale source de désaccords à la sortie.

Identifier les parties et les locaux

Indiquez le nom ou la dénomination sociale, l’adresse, le numéro SIREN lorsqu’il existe, ainsi que la qualité de chaque signataire. Pour le local, mentionnez l’adresse complète, la surface, les dépendances, les équipements et les accès. Un plan coté ou un descriptif annexé est très utile lorsque la location ne porte que sur une partie d’un bâtiment.

Définir l’activité autorisée

La clause de destination doit préciser l’activité exercée. « Tous commerces » peut sembler pratique, mais cette formule ne règle pas les questions liées aux nuisances, aux normes de sécurité ou aux autorisations administratives. Je préfère une rédaction assez précise, tout en prévoyant les activités complémentaires réellement envisagées.

Fixer les conditions financières

Le contrat doit préciser le montant du loyer, sa périodicité, sa date de paiement, son éventuelle soumission à la TVA et les conditions de révision. Il faut aussi détailler les charges, taxes, consommations, entretien et réparations qui restent à la charge de chaque partie.

Le dépôt de garantie, la caution personnelle ou la garantie bancaire doivent faire l’objet d’une clause distincte. Indiquez le montant, la date de versement et les conditions de restitution. Une somme annoncée oralement ou une liste de charges non détaillée crée une incertitude inutile.

Prévoir les annexes utiles

Joignez au minimum un état des lieux d’entrée, idéalement accompagné de photographies datées. Selon la configuration du bien et la réglementation applicable, il faudra également vérifier les documents relatifs aux risques, à la performance énergétique, à l’amiante, aux travaux et à la répartition des charges.

Un modèle prêt à personnaliser

Le texte ci-dessous constitue une base de travail. Il doit être adapté à la nature de l’activité, au local et aux accords réellement négociés. Je déconseille de le signer tel quel lorsque le contrat prévoit des travaux importants, une sous-location, une franchise de loyer ou plusieurs occupants.

Convention de location dérogatoire

Entre les soussignés

Le bailleur [Nom ou dénomination sociale], [forme juridique], domicilié ou ayant son siège à [adresse], immatriculé sous le numéro [SIREN], représenté par [nom et fonction].

Le locataire [Nom ou dénomination sociale], [forme juridique], domicilié ou ayant son siège à [adresse], immatriculé sous le numéro [SIREN], représenté par [nom et fonction].

Il est convenu ce qui suit.

1. Locaux loués
Le bailleur donne en location au locataire les locaux situés [adresse], comprenant [description précise des pièces, surface, réserves, parking, équipements et parties communes]. Un plan et un état des lieux sont annexés au présent contrat.

2. Destination
Les locaux sont exclusivement destinés à l’exercice de l’activité suivante [activité]. Toute modification notable de l’activité, tout changement d’enseigne ou toute activité complémentaire devra être accepté par écrit lorsque cet accord est nécessaire.

3. Durée
Le présent contrat est conclu pour une durée de [nombre de mois], du [date] au [date]. Les parties déclarent conclure une location dérogatoire au statut des baux commerciaux, conformément à l’article L.145-5 du Code de commerce. La prise de possession est fixée au [date].

4. Loyer
Le loyer est fixé à [montant] euros [hors taxes ou toutes taxes comprises] par [mois ou trimestre], payable le [jour] de chaque période par [virement ou autre moyen]. Il est prévu [ou non] une révision selon [indice ou autre mécanisme], dans les limites autorisées.

5. Charges et taxes
Le locataire prend en charge [liste précise]. Le bailleur conserve à sa charge [liste précise]. Les consommations d’eau, d’électricité, de chauffage et de télécommunications sont réparties selon [compteurs individuels, relevés ou forfait].

6. Dépôt de garantie et garanties
À la signature, le locataire verse un dépôt de garantie de [montant] euros. Celui-ci sera restitué après la libération des locaux, la remise des clés et le règlement des sommes éventuellement dues. [Préciser ici toute caution ou garantie bancaire].

7. Travaux et entretien
Le locataire ne peut réaliser de travaux modifiant la structure, la façade, les réseaux ou la destination des lieux sans l’accord écrit du bailleur. Les travaux autorisés sont les suivants [description]. Leur financement, leur entretien et leur sort en fin de contrat sont répartis comme suit [répartition].

8. Assurance et responsabilité
Le locataire souscrit une assurance couvrant au minimum les risques locatifs, sa responsabilité civile professionnelle et les dommages liés à son activité. Il remet une attestation au bailleur lors de l’entrée dans les lieux, puis à chaque renouvellement de garantie.

9. État des lieux et restitution
Un état des lieux contradictoire est établi à l’entrée et à la sortie. À l’échéance, le locataire restitue les locaux, les équipements et les clés dans l’état prévu par cet état des lieux, sous réserve de l’usure normale.

10. Fin du contrat
Le contrat prend fin à la date indiquée à l’article 3, sans renouvellement automatique. Toute résiliation anticipée doit respecter les conditions suivantes [préavis, accord commun, inexécution grave ou clause résolutoire].

Fait à [lieu], le [date], en deux exemplaires originaux.
Signatures précédées de la mention « lu et approuvé ».

Le bail dérogatoire ou le bail commercial

Le choix dépend surtout de la durée prévisible du projet et du niveau de protection recherché. Le tableau suivant permet de voir rapidement ce qui change pour les deux parties.

Critère Bail dérogatoire Bail commercial
Durée Jusqu’à trois ans au total En principe neuf ans
Renouvellement Pas de droit automatique Droit au renouvellement sous conditions
Indemnité d’éviction Non due au seul motif de la fin du contrat Possible en cas de refus de renouvellement
Souplesse Élevée pour un projet temporaire Moins grande, mais stabilité supérieure
Usage adapté Test d’activité, pop-up, saison, transition Implantation durable et fonds de commerce établi

Le bail dérogatoire n’est donc pas un « petit bail commercial ». C’est un outil temporaire avec un équilibre différent. Pour un commerçant qui investit lourdement dans les travaux ou la clientèle locale, la stabilité du bail commercial peut valoir davantage que la souplesse initiale.

Les erreurs qui font perdre la sécurité du contrat

Dépasser la durée cumulée de trois ans

Le calcul porte sur l’ensemble des contrats concernant les mêmes locaux et le même locataire, pas seulement sur le dernier document signé. Il faut donc conserver un calendrier précis des dates d’entrée, de prolongation et de restitution. Une nouvelle convention ne permet pas de remettre le compteur à zéro.

Laisser le locataire rester après l’échéance

À la fin du contrat, le locataire doit quitter les lieux ou les parties doivent formaliser clairement la suite. Si le locataire reste et que le bailleur le laisse faire sans opposition, un bail soumis au statut des baux commerciaux peut se former après l’échéance, notamment en l’absence d’opposition dans le délai d’un mois.

Le bailleur qui souhaite récupérer son local doit donc agir rapidement, par écrit et avec une preuve de réception. De son côté, le locataire qui souhaite poursuivre son activité ne doit pas considérer le silence du propriétaire comme une autorisation durable.

Négliger l’état des lieux

Une simple phrase indiquant que le local est « en bon état » ne décrit ni les murs, ni les sols, ni les installations électriques, ni les équipements. Je conseille un relevé pièce par pièce, avec les compteurs, les clés, les défauts visibles et des photographies. C’est un travail de quelques dizaines de minutes qui peut éviter une retenue importante sur le dépôt de garantie.

Oublier les autorisations liées à l’activité

La signature du bail ne remplace pas une autorisation d’urbanisme, une licence, une autorisation de travaux ou les règles propres aux établissements recevant du public. Avant de signer, le locataire doit vérifier que l’activité est réellement possible dans les locaux, et le bailleur doit éviter de promettre une destination qu’il ne peut pas garantir.

La signature se prépare dès la date de sortie

Avant de signer, je recommande de remplir une fiche simple avec quatre dates, le début de l’occupation, la fin prévue, la date de remise des clés et la date de l’état des lieux de sortie. Ajoutez-y la liste des annexes, les justificatifs d’assurance et le détail des charges. Cette préparation rend le contrat plus lisible et facilite la restitution.

Un modèle de bail dérogatoire est utile lorsqu’il traduit un projet réellement temporaire. Il devient risqué lorsqu’il masque une installation durable, une durée mal calculée ou un accord oral incomplet. La meilleure protection reste un écrit précis, signé à temps, puis respecté jusqu’à la remise effective des locaux.

Cet article a un caractère purement informatif et éducatif. Le contenu a été élaboré avec l'aide d'outils analytiques et linguistiques modernes (IA). Avant de prendre une décision, consultez un expert.

Questions fréquentes

La durée totale des contrats successifs portant sur les mêmes locaux et le même locataire ne peut pas dépasser trois ans. Ce délai se calcule à partir de l’entrée du locataire dans les lieux et une nouvelle convention ne remet pas le compteur à zéro.

Le contrat doit notamment identifier les parties et les locaux, préciser l’activité autorisée, le loyer, les charges, les taxes, les garanties, les travaux, l’assurance et les conditions de restitution. Il doit aussi indiquer clairement la durée et la volonté des parties d’écarter le statut des baux commerciaux.

Si le locataire reste dans les lieux et que le bailleur le laisse faire sans opposition, un bail soumis au statut des baux commerciaux peut se former après l’échéance. Le bailleur qui veut récupérer son local doit agir rapidement, par écrit et avec une preuve de réception, notamment en tenant compte du délai d’un mois mentionné dans l’article.

Le bail dérogatoire est limité à trois ans au total, offre davantage de souplesse et ne donne pas de droit automatique au renouvellement ni d’indemnité d’éviction à l’échéance normale. Le bail commercial dure en principe neuf ans et apporte une stabilité ainsi qu’un droit au renouvellement sous conditions.

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bail commercial état des lieux dépôt de garantie charges locatives bail dérogatoire

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André Gay

André Gay

Je m'appelle André Gay et c'est avec 5 années d'expérience que je partage mes connaissances sur marti-ombre.fr. Ma fascination pour la géométrie et la topographie m'a naturellement conduit à explorer le droit foncier, un domaine où la précision des mesures rencontre la complexité des réglementations. J'aime décortiquer ces sujets pour les rendre accessibles, en m'assurant que les informations que je présente sont non seulement exactes et à jour, mais aussi clairement expliquées pour aider chacun à mieux comprendre les enjeux liés à la propriété et à l'aménagement du territoire. Mon approche consiste à vérifier méticuleusement les sources et à organiser les informations de manière logique, afin de vous offrir un contenu fiable et utile.

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