Charges impayées en copropriété - que change l’article 20 ?

13 août 2026

Un syndic de copropriété explique un document à une cliente, peut-être en lien avec l'article 20 loi du 10 juillet 1965.

Table des matières

Une vente d’appartement peut être signée alors que des charges de copropriété restent impayées, mais le vendeur ne récupérera pas forcément l’intégralité du prix immédiatement. Je détaille ici le fonctionnement de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1965, les délais à respecter, le rôle du syndic et du notaire, ainsi que les précautions utiles pour éviter qu’une dette ne bloque la transaction.

L’article protège le paiement des charges lors de la vente d’un lot

  • Certificat de moins d’un mois : il atteste que le vendeur n’a aucune dette envers le syndicat des copropriétaires.
  • Opposition sous 15 jours : le syndic peut faire retenir une partie du prix de vente si des sommes restent dues.
  • Créances exigibles uniquement : les montants doivent être précis, justifiés et dus au jour du transfert de propriété.
  • Délai de 3 mois : sans accord ou contestation judiciaire, le notaire verse les sommes retenues au syndicat.
  • Acquéreur déjà copropriétaire : ses impayés peuvent empêcher la conclusion de la vente.

Comprendre l’article 20 de la loi du 10 juillet 1965

L’article 20 concerne principalement la mutation à titre onéreux d’un lot de copropriété, c’est-à-dire une vente réalisée contre paiement d’un prix. Son objectif est simple à comprendre : éviter qu’un copropriétaire débiteur vende son appartement, récupère les fonds et laisse la copropriété sans moyen efficace de recouvrer ses charges.

Le dispositif ne donne pas au syndic le pouvoir d’annuler lui-même la vente. Il lui permet surtout de s’opposer au versement du prix au vendeur, dans la limite des sommes réclamées. La vente peut donc être signée, mais une partie du prix reste temporairement entre les mains du notaire.

La version actuellement applicable comprend aussi un second mécanisme. Avant la signature de l’acte authentique, le notaire vérifie si l’acquéreur, certains associés ou leurs conjoints sont déjà copropriétaires dans l’immeuble et s’ils ont des impayés persistants.

Comment fonctionne l’opposition sur le prix de vente

Le vendeur doit normalement présenter au notaire un certificat du syndic datant de moins d’un mois. Ce document confirme qu’il est libre de toute obligation envers le syndicat des copropriétaires. Lorsqu’il est remis et qu’aucune dette n’existe, la procédure d’opposition prévue par le texte n’a pas vocation à être déclenchée.

En l’absence de certificat valable, le notaire adresse au syndic un avis de mutation par lettre recommandée avec accusé de réception. Cet avis doit être transmis dans les 15 jours suivant le transfert de propriété. À compter de la réception de cet avis, le syndic dispose à son tour de 15 jours pour former opposition.

Une opposition qui doit être précise

L’opposition est réalisée par acte extrajudiciaire, généralement par l’intermédiaire d’un commissaire de justice. Elle doit indiquer un domicile élu dans le ressort du tribunal judiciaire du lieu où se trouve l’immeuble.

Surtout, le syndic doit détailler le montant et la cause de chaque créance. Une simple mention générale comme « charges impayées » peut être insuffisante. Le décompte doit permettre d’identifier les périodes concernées, la nature des sommes et le lot auquel elles se rapportent.

Quelles sommes peuvent être retenues

Le décret du 17 mars 1967 impose de ne retenir que les créances du syndicat qui sont liquides et exigibles à la date de la mutation. Une dépense future ou un montant encore indéterminé ne peut pas être ajouté automatiquement à l’opposition.

Catégorie de créance Ce que le syndic doit faire
Année en cours et deux dernières années échues Indiquer précisément le montant, la période et l’origine des charges ou travaux dus.
Deux années antérieures Détailler séparément les créances concernées.
Créances garanties par une hypothèque légale Les identifier lorsqu’elles ne sont pas déjà comprises dans les catégories précédentes.
Autres créances du syndicat Les justifier et les ventiler clairement dans l’acte d’opposition.

Cette ventilation n’est pas une formalité décorative. Elle permet de déterminer les garanties attachées aux sommes réclamées. Une opposition trop vague peut être contestée, voire perdre son efficacité pour les montants mal identifiés.

Les délais à retenir entre la vente et le paiement

Dans la pratique, les dates sont souvent la partie la plus sensible du dossier. Je conseille de raisonner avec un calendrier précis, car une opposition régulière mais tardive ne produit pas les mêmes effets qu’une opposition formée dans le délai légal.

Le déroulement habituel

  1. Le vendeur demande au syndic sa situation comptable et le certificat attestant l’absence de dette.
  2. Le notaire prépare la vente et reçoit l’état daté, qui présente les sommes dues ou à recevoir concernant le lot.
  3. Si le certificat de moins d’un mois n’est pas fourni, le notaire informe le syndic de la mutation dans un délai de 15 jours après le transfert de propriété.
  4. Le syndic peut former opposition dans les 15 jours suivant la réception de cet avis.
  5. Le notaire conserve les fonds correspondant au montant de l’opposition.
  6. En cas d’accord entre le vendeur et le syndic, les fonds sont libérés selon cet accord.
  7. Sans accord, le notaire verse les sommes retenues au syndicat après 3 mois, sauf contestation portée devant le tribunal.

Le vendeur ne doit donc pas confondre la signature de l’acte avec le paiement immédiat du prix. Le notaire doit d’abord régler les éventuelles oppositions, les garanties et les formalités de publicité foncière avant de reverser le solde.

Lorsque le vendeur conteste la dette, il peut demander un examen judiciaire de l’opposition. Dans ce cas, le notaire peut maintenir les fonds bloqués jusqu’à ce que la contestation soit tranchée ou qu’un accord intervienne. Une négociation documentée avec le syndic reste souvent plus rapide qu’un contentieux, surtout lorsque le désaccord porte sur une erreur comptable identifiable.

Le cas particulier de l’acquéreur déjà copropriétaire

Le second volet de l’article 20 intervient avant l’acte authentique. Le notaire transmet au syndic l’identité du candidat acquéreur. Si l’achat est réalisé par une société civile immobilière ou une société en nom collectif, les mandataires sociaux, les associés ainsi que leurs conjoints ou partenaires liés par un pacte civil de solidarité peuvent également être concernés.

Le syndic dispose alors d’un mois pour délivrer un certificat. Il doit confirmer soit que les personnes concernées ne sont pas déjà copropriétaires dans l’immeuble, soit que le copropriétaire identifié n’a pas fait l’objet d’une mise en demeure de payer restée infructueuse depuis plus de 45 jours.

Si un acquéreur déjà copropriétaire n’est pas à jour de ses charges dans ces conditions, le notaire informe les parties de l’impossibilité de conclure la vente. Le mécanisme vise notamment à empêcher qu’un débiteur accumule de nouveaux lots dans la même copropriété sans régler ses dettes antérieures.

Lorsqu’un avant-contrat a déjà été signé, l’acquéreur dispose d’un délai de 30 jours à compter de la notification pour payer sa dette. Sans certificat attestant le règlement des charges à l’issue de ce délai, l’avant-contrat est réputé nul et non avenu aux torts de l’acquéreur.

Ce point est souvent mal compris. Il ne s’agit pas d’une opposition sur le prix due par le vendeur, mais d’un contrôle préalable portant sur la situation de l’acquéreur. Les deux mécanismes peuvent donc se cumuler dans une même opération, même s’ils ne répondent pas au même problème.

Comment éviter un blocage de la vente

Les précautions du vendeur

Je recommande au vendeur de contacter le syndic plusieurs semaines avant le compromis, et non quelques jours avant la signature définitive. Il pourra vérifier les appels de fonds déjà exigibles, les frais de recouvrement et les éventuels travaux votés qui doivent encore être répartis.

  • Demander un relevé comptable actualisé au syndic.
  • Régler ou contester rapidement toute somme réellement due.
  • Conserver les justificatifs de paiement.
  • Vérifier que le certificat transmis au notaire a moins d’un mois.
  • Comparer le certificat, l’état daté et les derniers appels de charges.

L’état daté et le certificat du syndic ne sont pas le même document. L’état daté informe le notaire sur la situation financière du lot, tandis que le certificat sert notamment à attester que le vendeur est libre de toute obligation envers le syndicat.

Les vérifications de l’acquéreur

L’acquéreur doit surtout analyser la santé financière de l’immeuble. Les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales, l’état global des impayés, les travaux votés et le plan pluriannuel de travaux peuvent révéler des dépenses importantes à court terme.

Une répartition différente du paiement des charges peut être prévue dans l’acte de vente entre vendeur et acquéreur. Elle ne s’impose toutefois qu’aux deux parties, et non au syndic. Celui-ci continuera d’appeler les charges auprès du copropriétaire désigné par la loi et par les règles de la copropriété.

Lire aussi : Donation d’argent et succession, combien faut-il rapporter ?

Les points de contrôle du syndic

Le syndic doit travailler à partir d’une comptabilité arrêtée et de créances justifiées. Avant de former opposition, il lui faut vérifier que chaque somme est exigible, qu’elle concerne bien l’ancien propriétaire et qu’elle est rattachée au lot vendu.

Une opposition mal ventilée peut créer un contentieux inutile et retarder le recouvrement. Dans les dossiers que j’examine, la qualité du décompte fait souvent davantage la différence que le volume de la dette. Un tableau clair, daté et appuyé par les appels de fonds réduit fortement les contestations.

Ce que l’article 20 change réellement pour chaque partie

Personne concernée Risque principal Réflexe utile
Vendeur débiteur Une partie du prix reste bloquée pour payer la copropriété. Régulariser sa situation avant la signature et vérifier le décompte.
Acquéreur La vente peut devenir impossible s’il est déjà copropriétaire débiteur. Répondre rapidement à toute notification du notaire.
Syndic Une opposition tardive ou imprécise peut être contestée. Respecter les 15 jours et détailler chaque créance.
Notaire Libérer les fonds malgré une opposition régulière. Contrôler les délais, les montants et les contestations éventuelles.

La règle protège donc d’abord le syndicat des copropriétaires, mais elle sécurise aussi l’acquéreur. Celui-ci n’a pas à payer les anciennes dettes du vendeur simplement parce qu’il achète le lot. En revanche, il doit rester attentif aux sommes qu’il accepte contractuellement de prendre à sa charge.

La bonne lecture à retenir avant toute signature

L’article 20 de la loi du 10 juillet 1965 repose sur deux idées distinctes. La première permet au syndic de faire retenir sur le prix les dettes exigibles de l’ancien propriétaire. La seconde vérifie que l’acquéreur déjà présent dans l’immeuble ne laisse pas lui-même des impayés non réglés.

Pour sécuriser une vente, les éléments décisifs sont donc le certificat de moins d’un mois, la précision du décompte, le respect des délais de 15 jours, puis le suivi de la période de 3 mois en cas d’opposition. Lorsqu’une somme est contestée, je recommande de réunir immédiatement les appels de fonds, les procès-verbaux d’assemblée générale et les preuves de paiement afin de permettre au notaire et au syndic de corriger rapidement une éventuelle erreur.

Cet article a un caractère purement informatif et éducatif. Le contenu a été élaboré avec l'aide d'outils analytiques et linguistiques modernes (IA). Avant de prendre une décision, consultez un expert.

Questions fréquentes

Oui, la vente peut être signée, mais le vendeur ne recevra pas forcément tout le prix immédiatement. En l’absence de certificat du syndic datant de moins d’un mois, le syndic peut s’opposer au versement du prix et faire retenir les sommes dues.

Le notaire informe le syndic de la mutation dans les 15 jours suivant le transfert de propriété lorsque le certificat requis n’a pas été fourni. Le syndic dispose ensuite de 15 jours à compter de la réception de cet avis pour former opposition. Sans accord ou contestation judiciaire, les sommes retenues sont versées au syndicat après 3 mois.

Seules les créances du syndicat liquides et exigibles à la date de la mutation peuvent être retenues. L’opposition doit préciser le montant, la cause, la période concernée et le lot concerné, notamment pour les charges, travaux et créances garanties par une hypothèque légale.

Si l’acquéreur, ou certaines personnes liées à une société acquéreuse, est déjà copropriétaire dans l’immeuble et fait l’objet d’une mise en demeure restée infructueuse depuis plus de 45 jours, le notaire peut constater l’impossibilité de conclure la vente. Après notification, l’acquéreur dispose de 30 jours pour régler sa dette, faute de quoi l’avant-contrat est réputé nul et non avenu à ses torts.

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Auguste Maillet

Auguste Maillet

Je m'appelle Auguste Maillet et cela fait maintenant 12 ans que je me consacre à la compréhension et à la vulgarisation des domaines de la géométrie, de la topographie et du droit foncier. Mon parcours m'a amené à explorer les subtilités de ces disciplines, souvent perçues comme complexes, et à trouver des moyens clairs de les présenter. J'aime particulièrement décortiquer les aspects techniques de la topographie et les implications juridiques qui en découlent, afin d'aider chacun à mieux appréhender ces sujets essentiels pour la gestion de la propriété et du territoire. Sur marti-ombre.fr, je m'efforce de partager des informations précises et actualisées, en m'appuyant sur une recherche rigoureuse et une volonté constante de rendre la connaissance accessible.

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